les reins vont par deux. Comme les yeux, les seins, les fesses, on les différencie l’un de l’autre. Le rein droit ; le rein gauche. Les lombes, eux, sont soudés, inséparables, indistincts. On aime à caresser une chute de rein, quand on fuit devant une chute de lombes qui évoquent alors la plomberie plus que la galanterie. Comme le dos, le cou, le cul, on se casse parfois les reins, mais c’est cette région dite lombaire que l’on se fait masser par un kinésithérapeute de préférence lombard. On a les reins solides et les lombes bombés. Les reins ont leur reine, les lombes n’ont rien pour eux, ils portent les seaux d’eau usée, ce sont les domestiques du château, ils vivent tout là-haut sous les combles. Les reins ont aussi leurs problèmes, le plus souvent de calcul. Dans l’acte sexuel, les reins opèrent un mouvement régulier de va et vient, tandis que les lombes, dans l’expectative, campent sur leur position. On peut vivre avec un seul rein, même sans aucun ; le sang s’en va faire un petit tour dans une machine appelée dialyse. Les lombes ne s’opèrent pas, ne se retirent pas, ce sont les arcs-boutants du bas du dos, les contreforts du corps. Ils maintiennent suspendues les fesses loin sous les omoplates. Que ferait-on sans ces puissants suspensoirs ? Nous aurions hélas, l’arrière-train collé aux dessous de bras ! Mais parlons justement anatomie. Si les lombes évoquent le croupion, indubitablement les reins appellent le rognon. Cuisiné, il existe mille recettes et les gourmands se battent pour le piquer de la fourchette.