ongles

je remarque les mains de cette femme qui écrit à la table voisine. Elles sont très belles. Les ongles à la courbe blanche me rappellent les ongles de ma mère. Petite, recroquevillée contre ses jambes repliées sur le canapé lorsque nous regardions un film le dimanche soir à la télévision, je passais et repassais sans jamais me lasser la pulpe de mes doigts sur ses ongles bombés. Elle m’abandonnait sa main. Ses jambes qui me soutenaient et ses ongles que je caressais étaient les preuves tangibles de son corps détendu tout près du mien. Elle était là, j’étais tout contre elle. Je la possédais.