bloquée net
houle, tête, varech, goémon
agitée dans l’épaisseur des mots d’enfants d’adultes d’enfants
les muscles invisibles du corps encore à l’hôpital
nulle part
le nouveau-né nu
le nouveau-muet
en muselière
sans cri, sans faim, rien d’autre pour retrouver son chemin
quoi devenir petit canard sans connaissance noir-bâtard-indifférent englué dans
septembre-trop-tôt qu’importe son nom loin des terres utérines
je me tiens à l’intérieur du bocal volets clos sable gris
mère bien sûr s’éloigne, dérive hors de portée sans prise à peine balisée de pieux
on rassemble mes miettes en petit tas grains grossiers restés au bout des doigts ou
sur la table
les mots le souffle le silence
plient
et la mémoire pèse bouge lente
qu’importe le nom de cette fille
le vide la tient ferme
ici
on attend
le plus souvent ça suffit
le cœur se calme
tignasse morte dénouée au large
on rêve d’être au ras
dans l’eau et l’air
libre
on se ressemble
tout le corps à partir de la main
* presque-titre et pans entiers du texte empruntés pour la circonstance à Antoine Emaz, dans Caisse claire, Points, 2007 que je lis en ce moment à ma table, sans bouger



